Les Amis du Musée de la Résistance du Département de la Haute-Vienne


Maquis Limousin, champ de bataille secret qui sauva le débarquement allié de Normandie


Colloque du 19 Octobre 1994 au Sénat sur " LE RÔLE DES MAQUIS DANS LA LIBÉRATION DE LA FRANCE "


 Jacques VALERY - Président des "Amis du Musée de la Résistance de Limoges"


 

  

   
 

 

     Dans l'ouvrage consacré au " Musée de l'ordre de la Libération " p.457, à côté de la photo du colonel GUINGOUIN, nous pouvons prendre connaissance de sa citation :

 " De 1940 à 1942, il a été hors-la-loi, l'incarnation de la Résistance civile en Limousin ".

    Effectivement, le 18 juin 1940, quelques heures avant l'Appel de Londres du Général de GAULLE, blessé, bravant la mitraille allemande, il avait réussi à quitter l'hôpital de MOULINS afin de ne pas être fait prisonnier et de garder sa liberté pour combattre.

    De retour dans ses foyers à Saint GILLES-LES-FORÊTS, petite commune située au pied du MONT GARGAN, au centre de la région que les géographes désignent sous le nom de "petite montagne limousine",il entreprit de regrouper autour de lui des hommes décidés à refuser la défaite. A la fin du mois de juillet, ils étaient une douzaine.



Qui est le Colonel GUINGOUIN ?




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(CRDP Reims)


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    C'est un instituteur, pupille de la nation, dont le père , sous-officier de carrière, a été tué à BAPAUME dès le début de la Grande Guerre 1914-1948.

    Sa mère, dans la grande tradition laïque de ceux qu'on a appelés "les hussards noirs de la République", a transmis à son fils le goût de la lecture. Tout jeune, il a été passionné par le livre d'ERCKMANN-CHATRIAN sur la résistance des paysans vosgiens en 1815 et garde en sa mémoire l'exhortation de Victor HUGO aux Francs-Tireurs de 1871 : " O francs-tireurs, allez , traversez les halliers, passez les torrents, profitez de l'ombre et du crépuscule, serpentez dans les ravins, glissez-vous, rampez, ajustez, tirez, exterminez l'invasion ... Défendez la FRANCE avec héroïsme " .

    Pour lui, comme pour le Général de GAULLE, le régime de vichy est en opposition complète avec la République. En conclusion de son appel en août 1940, il cite les paroles du Président ROOSEVELT prononcées le 20 juillet :
" ce n'est pas une guerre ordinaire, c'est une révolution imposée par la force des armes : elle n'a pas pour but de libérer les hommes, mais de les réduire en esclavage au moyen de la dictature " .
( p. 248  " 4 ans de lutte sur le sol Limousin " )

    Ancien secrétaire du rayon communiste d'EYMOUTIERS couvrant les quatre cantons ruraux de L'Est de la Haute-Vienne, il dispose d'une ronéo, ce qui lui permetd'organiser un centre de confection de tracts. Dans son premier tract intitulé "Camarade Paysan", il affirme d'emblée : "ils ont assassiné la République Française, celle que t'avaient donnée en héritage tes ancêtres ...". Elève-Maître à l'École Normale d'instituteurs de Limoges, il a fait trois ans de préparation militaire supérieure dans l'arme d'infanterie.D'autre part, ayant effectué son service militaire à la 6ème compagnie des secrétaires d'Etat-Major casernée à l'École Militaire de Paris, il n'ignore rien du fonctionnement d'un Etat-Major.

    Mais sa passion de l'histoire des luttes passées l'amènera a être toujours lucide face à l'événement et, le prévoyant même parfois, à prendre des initiatives en conséquence. L'imagination,pourrait-on dire au " bout du fusil ".
 

Première planque souterraine construite par Georges GUINGOUIN, Georges CUEILLE et
son père, au Grand-Bois, commune de Soudaine-la-Vinadière
en Corrèze


La résistance civile : 1940-1942

    Cette action se concrétise par la diffusion de tracts, croquis, papillons, (dont certains sont reproduits pages 96-97-98 du livre de G. GUINGOUIN, " Premier Maquisard de France " ).

    C'est aussi la première fêlure avec la direction du Parti Communiste. Les mots d'ordre : "THOREZ au pouvoir"  , ni LONDRES, ni BERLIN, à bas la guerre impérialiste " , lui paraissent erronés et il refuse tout net de reproduire " La vie du Parti " de septembre 1940.Dans le premier numéro (janvier 1941) du " Travailleur " qu'il éditera , convaincu qu'il faut unir toutes les forces qui résistent à VICHY , il n'y aura aucune attaque contre De GAULLE et l'ANGLETERRE. Le différend s'aggrave quand, ayant établi une planque en avril1941 aux "Grand-Bois" de SOUDAINE-LAVINADIERE, il est considéré par Gabriel ROUCAUTE, membre de la zone Sud du P.C. comme "un fou qui vit dans les bois". Différend qui aboutira, après une entrevue avec ce responsable en mars 1942, à la rupture complète. Son action deviendra alors strictement autonome et on ira à son égard jusqu'à des tentatives de suppression physique ...
Entre-temps, un seuil dans la lutte a été franchi : le passage à l'organisation de la lutte armée. La première action militaire du Colonel GUINGOUIN est homologuée à la date du 1er octobre 1941.

    "Découvrir et recenser des armes et des munitions" , tel sera le chef d'accusation retenu à charge contre lui par l'ordonnance de renvoi devant un Tribunal Militaire du conseiller Barbou des Courrières en date du 7 novembre 1941.

    Il sera condamné le 26 janvier 1942 aux Travaux Forcés à perpétuité par la section spéciale du Tribunal Militaire de Périgueux présidé par le Colonel BESSON, celui-là même qu'il aura la magnanimité de prendre plus tard sous ses ordres.

    Conscient du fait que toute de libération pour prendre de l'ampleur et devenir victorieuse, a besoin de l'accord de la population, il prend l'initiative de mettre hors d'usage les presses à fourrage - la première sera détruite le 12 décembre 1942 - puis les batteuses, afin d'éviter les réquisitions. Ce sont ensuite les arrêtés du " Préfet du Maquis" portant sa signature qui fixent le prix des produits agricoles. L'obligation faite aux meuniers de revenir à un taux de blutage normal permet aux paysans de son secteur d'avoir du pain blanc alors que dans toute la France on mange un pain infect.




La lutte armée ouverte

    Pendant cette période "à la fois chef et soldat" ainsi que l'indique sa citation,il verra, comme les Maquis d'autres régions de France, affluer les réfractaires au S.T.O. après le décret de Vichy du 16février 1943.

    Le 13 mars 1943, action préférée à un simple déraillement facile réparable sera détruit le viaduc de BUSSY-VARACHE sur la voie ferrée LIMOGES-USSEL, obligeant à un transbordement jusqu'à la Libération. Preuve éclatante de l'existence d'un Maquis offensif.

    En France, n'existaient que deux usines de régénération du caoutchouc, très importantes pour l'économie de guerre allemande.

    La R.A.F. s'y était reprise à trois fois, les 6, 29 et 30 avril 1943 pour détruire l'usine de COLOMBES. Malheureusement, il y avait eu de nombreuses victimes civiles. Le Chef de l'État, dans un message radiodiffusé n'avait pas manqué d'apitoyer les Français. "Ce sont des morts,des blessés, des foyers détruits". LONDRES, alors, avait demandé à l'organisation "Combat" de faire sauter l'usine Wattelez près de LIMOGES. Mais cela n'avait pas été possible. Informé,G. GUINGOUIN décida d'agir lui-même.

    Parti de la forêt de CHATEAUNEUF à 45 Km de là, en compagnie de René DUVAL qui s'était porté volontaire, dans la nuit du 8 au 9 mai 1943, il réussit l'opération. Bien qu'à son retour à la base il ait failli perdre la vie dans une embuscade de gendarmerie, il laissera le bénéfice de cette action au mouvement de FRENAY.

    Sera inaugurée, le 14 juillet 1943, la tactique du raid portant à un haut niveau l'esprit offensif des Maquisards. Ce qui amènera , le 2 octobre, le gouvernement de VICHY à diriger contre eux quinze escadrons de la Garde et douze G.M.R. sous la conduite du Général BOIS. En vain ...

    Pour augmenter cette puissance offensive, une unité d'élite de 120 hommes, noyau de la 1 ère  Brigade de Marche des Francs-Tireurs sera créée. Elle recevra pendant tout le mois de janvier 1944 au château de la RIBEYRIE un entraînement intensif sous la direction de deux instructeurs : l'un ayant fait la guerre du Rif, l'autre ayant participé aux combats de l'armée républicaine espagnole(cf. page consacrée à Antonio SERRA). La dernière sera consacrée à des tirs à l'arme réelle.

    A la tête de sa "compagnie de choc", le Colonel GUINGOUIN, le 28 mars 1944, capture la commission d'armistice franco-allemande de LIMOGES. Le Feld-maréchal VON RUNSTEDT informe HITLER ALORS 0 son grand quartier général du " Repaire du Loup". Le 6 avril suivant, ce dernier donne l'ordre à la 2ème Division blindée Waffen S.S. dite "Das Reich" qui se trouve dans le secteur de KOURSK des se mettre sous les ordres du Général BLASKOWITZ commandant le groupe d'armées G. Cette unité est forte de 62 chars Panther V, 64 chars Panther IV, d'un régiment d'artillerie blindée à 4 bataillons de canons autonomes et d'autres unités, le tout ayant une puissance de feu triple d'un corps ordinaire.

    Dans la perspective de HITLER, au moment du débarquement, le rôle de cette division d'élite, avant de participer aux opérations contre les Alliés,est de prendre à revers ces audacieux partisans, qui d'après le Colonel WEIDINGER de l'Etat-Major de LAMMERDING, historien de la Division,constituent "la citadelle des Maquis du Centre-Ouest de la France".

    En prenant cette décision, au lieu d'envoyer la "Das Reich" directement sur le front de Normandie où ne se trouvent que trois divisions blindées, la 12ème et la 21ème divisions S.S. et la Panzer Lehr, HITLER commet une erreur fondamentale.

    L'historien allemand Hans LUTHER écrira plus tard que "cette division d'élite ne put être placée en temps voulu sur le front de Normandie" et l'historien américain Stephen E. AMBROSE affirmera de son côté : "on peut affirmer sans crainte de démenti qu'avec cette seule opération le Maquis fournit une aide considérable aux Alliés".


Qu'enseignent les faits ?

    Dans la journée du 7 juin 1944, le Général LAMMERDING, à MONTAUBAN,reçoit l'ordre de l'O.B. West 3° et 2° B.3638/44 enjoignant à la "2ème D.B. SS" de se mettre en marche immédiatement sur la région TULLE-LIMOGES.A son arrivée dans cette région, elle recevra de nouveaux ordres de l'E.M. du 66ème  Corps de Réserve.
L'ordre radio divisionnaire prévoit le départ pour 8 heures le 8 juin. Le 9 juin, la tête de la colonne du 4ème Régiment blindé grenadier "Der Führer" atteint LIMOGES à 2 heures du matin. Il faut reconnaître que cette unité, partie de CAUSSADE, compte tenu de la vitesse maximum des blindés de 40 Km/h, des pauses nécessaires et de quelques accrochages, a marché remarquablement bien.

    Du côté des forces de la Résistance, le Colonel GUINGOUIN, commandant la1 ère Brigade de Marche, n'a accepté fin mai ni d'attaquer la garnison allemande de LIMOGES, ni de constituer un réduit sur le plateau des MILLEVACHES.

    En réponse à l'appel du Général de GAULLE, le 6 juin à18 heures :

"La Bataille suprême est engagée. Pour les fils de France où qu'ils soient, quels qu'ils soient, le devoir simple et sacré est de combattre par tous les moyens dont ils disposent, en soldat, il est disposé à faire tout son devoir".

    Les ponts routiers comme celui de MASLEON seront détruits ; une auto-mitrailleuse de la "Das Reich" sera enlevée à SAINTE ANNE SAINT PRIEST.

    Le 9 juin à 18 heures arrive à LIMOGES l'ordre de l'O.K.W. de partir pour le front de Normandie. Mais, à 20h30, le Stürmbannführer KÄMPFE commandant le 3ème Bataillon du régiment "Der Führer", ayant négligé de rester sous la protection deson unité blindée, est capturé par le détachement du Sergent CANOU de la 1 ère Brigade revenant de faire sauter le pont de ROYERES.

    Titulaire de la Ritterkreuz, KÄMPFE est le "héros n° 1" de la division et ami personnel du Général LAMMERDING. Proposition est faite au Colonel GUINGOUIN de l'échanger contre 50 patriotes emprisonnés à LIMOGES. Au moment d'accepter cette offre arrive la nouvelle de l'acte de terreur perpétré le 10 juin à ORADOUR-SUR-GLANE. L'échange n'aura pas lieu et l'ordre sera donné d'exécuter KÄMPFE. La division "Das Reich" quittera le LIMOUSIN le 12 juin à 5h30 soit 48 heures après l'ordre reçu. Le Généralissime EISENHOWER reconnaîtra lui-même : " que cette action des Maquis avait sauvé la tête de pont allié " . Ainsi  qu'en portera témoignage Emmanuel d'ASTIER de la VIGERIE lors d'un débat à l'Assemblée Nationale ( journal officiel du 9 mars 1954, p. 739 ).

    Fin juin 1944, sous l'impulsion de CHURCHILL, les Alliés se décident à exécuter des parachutages massifs pour armer les Maquis. Dans le cadre de l'opération "Zébra", la 3ème Bomber Division de la 8ème Air Force, effectue des parachutages de plein jour le 25 juin sur l'Ain, le Jura, le Vercors, la Haute-Vienne, ce dernier sur le terrain de la BORDERIE à DOMPS avec 71 forteresses volantes. Dans le cadre de l'opération "Cadillac", par la même unité, le 14 juillet, 7 terrains seront desservis à nouveau : dont le Vercors et la Haute-Vienne, ce dernier étant le terrain du CLOS, commune de SUSSAC avec 36 B-17.

    L'allemand est décidé à réagir.  Un groupement est constitué sous les ordres du Général OTTENBACHER comprenant : la brigade JESSER de CLERMONT-FERRAND, des éléments des garnisons de LIMOGES, BRIVE, TULLE ainsi que les 1 ère et 3ème Centaines de la 2ème Cohorte de la milice de VAUGELAS.

    Les combats auront lieu du 17 au 24 juillet. 3 à 4000 hommes s'affrontent de part et d'autre. D'après un document allemand, les pertes seront pour l'assaillant (342 tués et blessés dont 7 officiers) triples de celles de la 1 ère Brigade (100 tués et blessés ;exactement : 38 tués , 8 prisonniers à jamais disparus et 54blessés).

    Ces combats défensifs virent la victoire des soldats de la 1ère Brigade, soldats aguerris habitués au feu et à l'utilisation du terrain.

    Mais, en prévision des opérations futures qui amèneront la libération de LIMOGES, le chef de la 1 ère Brigade songe à renforcer son caractère offensif. 180 gendarmes sous les ordres du Lieutenant MALABRE viennent de rallier le Maquis ainsi que des brigades locales : il est demandé à ceux d'entre eux qui ont un brevet de section de prendre un commandement de troupe, ainsi qu'à des élèves de la Garde de GUÉRET.

    Le gendarme PIERRACINI commandera la Compagnie de mitrailleuses, son collègue BARIOU prendra la tête d'une compagnie avant de commander la Prévôté de LIMOGES.

    Le Lieutenant MALABRE - qui accédera plus tard au grade de Général dans son corps - devient chef de la place à CHATEAUNEUF-LA-FORÊT. Quant au gendarme BARTHES qui avait fait feu à bout portant contre le Colonel à l'embuscade de "La Croix Lattée", le 6 septembre 1943 , complètement absous, il prendra un commandement au grade de Lieutenant. Au garde COUJARD sera confié le commandement du 5ème Bataillon.

    Ainsi sera réalisé au sein de la ère Brigade "l'amalgame" entre les Francs-Tireurs et les forces de gendarmerie.

    Le 12 août 1944, le Colonel GUINGOUIN, devenu chef des Forces Françaises de l'Intérieur (F.T.P. , A.S. , O.R.A. ) donne l'ordre d'encercler LIMOGES.Il choisit cette tactique plutôt que l'attaque frontale, car il a appris que le chef de la Gestapo MEIER SE PROMETTAIT, avant de partir, de fusiller une partie des patriotes emprisonnés, comme cela se produisit dans de nombreuses villes de France où les premières heures de liberté furent assombries par un nouveau flot de sang.

    Mais les Allemands s'étant préparés à l'attaque par la construction de blockhaus , l'appui de l'aviation alliée devenait nécessaire et le Haut Etat-Major allié promis cette intervention.

    In extremis, cependant, la capitulation du Général GLEINIGER était obtenue et, le 21 août 1944, LIMOGES était libérée sans aucune perte de vie humaine pour la population civile.

    Le Colonel GUINGOUIN se trouvait à la tête de plus de 20 000 hommes : Forces Françaises de l'Intérieur , Forces du Maintien de l'Ordre ralliées et Milices patriotiques réunies.

    Colonel aufeu, après sa victoire consacrant l'art de faire la guerre qu'il avait acquis, il abandonna lui-même un galon en faveur de l'un de ses camarades désirant faire carrière dans l'armée, faisant partie de ces " hommes forts qui ne veulent pas monter, nés du Peuple, voulant rester Peuple " . Tels que les souhaitait nombreux le grand historien MICHELET.

    Cependant, la lutte continuait. D'après le rapport de fin de mission du major STAUNTON, chef du réseau "Salesman", envoyé à LONDRES, après la Libération de la Haute-Vienne, 3 500 combattants furent envoyés hors du département. Le Colonel GUINGOUIN devait prendre le commandement du 63ème R.I. désigné pour le front de SAINT-NAZAIRE. Grièvement blessé en service le 20novembre 1944 lors d'un "accident" de la route, il sera réformé.Ainsi cessera l'activité de celui que les derniers mots de sa citation reconnaissent comme " une  des plus grandes figures de la Résistance" .

    Quand le Général de GAULLE viendra à LIMOGES, le 4 mars 1945, c'est en toute justice que du haut du balcon de l'Hôtel de Ville, il saluera la foule assemblée en prononçant ces mots historiques :

                                                                                                  " LIMOGES, Capitale du Maquis "

 

NON ! LA CAPTURE DU STURMBANNFÜHRER KÄMPFE N'EST PAS LA CAUSE DU MASSACRE D'ORADOUR-SUR-GLANE

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