Les Amis du Musée de la Résistance du Département de la Haute-Vienne

" ... l'importance de votre oeuvre de mémoire et de son résultat ..."

Message de Georges GUINGOUIN

 

Bulletin n° 53 - 1° trimestre 2001

[...] On ne le dira jamais assez : dans cette région que les géographes appellent "la petite montagne limousine",
parmi les nombreuses unités des Forces Françaises de l'Intérieur qui agirent sur le sol métropolitain pour la
libération de notre sol, notre première Brigade fut la seule dont l'action fut déterminante à un moment crucial,
décisif pour le cours du deuxième conflit mondial, celui du débarquement allié en Normandie.

Etrangement, alors que les historiens américains, anglais, allemands mêmes en font l'observation, c'est l'omission
qui est de règle pour la plupart des historiens français.

Et pourtant, les documents authentiques existent et ont été largement diffusés, soit de source allemande, soit de
source américaine :

_ Décision prise pat Hitler, le 6 avril 1944, à la suite de la capture de la Commission d'armistice franco-allemande
de Limoges, le 26 mars 1944, par la Compagnie de choc de notre 1° Brigade, d'envoyer en France pour notre
combattre la 2° Division blindée Waffen SS dite "Das Reich" qui se regroupa dans le département de
Tarn-et-Garonne en vue de nous attaquer au moment du débarquement allié. Quand on sait que Hitler considérait
la SS comme son armée personnelle, on juge de l'importance qu'il apportait à nos forces.

_ Ordre donné, à la nouvelle du débarquement allié, le 7 juin 1944, par le commandant en chef du front Ouest de
la Wehrmacht "de se mettre en marche immédiatement sur région Tulle-Limoges".

_ Ordre donné par ce même commandant arrivé à Limoges dans l'après-midi du 9 juin à 18 heures, de prendre la
direction du front de Normandie. Mais par suite de la capture du Sturmbannführer (commandant) Kämpfe, héros de
la division, cet ordre ne sera exécuté que le 12 juin à 5h30 du matin soit plus de 48 heures après l'ordre reçu.

Précisons que la division blindée Waffen SS "Das Reich" était forte de 15000 hommes, 3000 véhicules dont 359
blindés, un régiment de chars lourds, 2 régiments de Panzer Grenadier (le Deutschland et le der Führer) un
régiment d'artillerie, d'autres bataillons d'accompagnement, 64 chars Panther IV de 23 tonnes et 62 chars Panther
V de 45 tonnes tous armés d'un canon de 75 mm lui donnaient une puissance de feu triple de celle d'un corps
ordinaire.
 

Hitler, en envoyant la "Das Reich" dans le Tarn-et-Garonne comme base de départ en vue de nous combattre, au
lieu de l'envoyer renforcer son front de Normandie où se trouvaient 6 armées allemandes mais seulement les 12° et
21° divisions blindées SS et la division Panzer Lehr, commettait une très grave erreur stratégique. Cela même un
enfant pourrait le comprendre. 

Le 6 juin 1944, de Londres le Général de GAULLE lançait son appel : " La bataille suprême est engagée. Pour les fils de France, où qu'ils soient, le devoir simple et sacré est de combattre par tous les moyens dont ils disposent."

Alors que deux mois auparavant, devant les forces du général Brehmer, j'avais adopté la "tactique du vide", cette
fois, je considérai de mon devoir de m'opposer à la marche de la "Das Reich", véritable mission de sacrifice, combat
de David contre Goliath …

De haute lutte, nous avons réussi à enlever une automitrailleuse allemande mais surtout l'une de nos unités réussit
à capturer "le héros" de la division, le Sturmbannführer Kämpfe. Le général Lammerding, commandant de la "Das
Reich", fit ratisser en vain la région pour le retrouver. Il alla jusqu'à m'offrir la libération de patriotes emprisonnés
en échange.

La division perdit ainsi un temps précieux, ainsi que l'historien allemand Hans Luther le notera : " Cette division
d'élite ne put être placée à temps sur le front de Normandie."

Le généralissime Eisenhower, lui-même, reconnaîtra " que l'action des maquis avait sauvé la tête de pont alliée "
et dans son livre "Les services secrets d'Eisenhower", l'historien américain Stephen E. Ambrose écrira : " Avec
cette seule opération le Maquis fournit une aide considérable aux Alliés."

GEORGES GUINGOUIN
Compagnon de la Libération


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